Faits Biosim

Une option de traitement supplémentaire pour les patients atteints d’arthrite inflammatoire

Les biosimilaires font partie d’un groupe de médicaments administrés par injection sous-cutanée ou perfusion intraveineuse et qui ont été reconnus similaires, sans être identiques, à leurs biologiques d’origine (ou biologiques de marque).

Santé Canada définit un biosimilaire comme étant : « ... un médicament biologique qui fait son entrée sur le marché après une première version déjà autorisée au Canada et qui présente une similarité établie avec un médicament biologique de référence. » Bien que Santé Canada utilise le terme « produit biologique ultérieur », le terme « biosimilaire » est utilisé en Europe et aux États-Unis. Santé Canada a informé les intervenants dans le dossier qu’elle a l’intention d’annoncer l’utilisation du terme « biosimilaire » cet automne, lors de la publication d’un nouveau document d’orientation sur le sujet.

Bien qu’ils soient relativement nouveaux au Canada, les biosimilaires ont été approuvés en Europe depuis plus d’une décennie et sont utilisés pour traiter l’arthrite depuis 2013.  

Les biosimilaires ne sont pas des génériques de leur biologique d’origine
Les biosimilaires sont similaires, mais non identiques, à leurs biologiques d’origine

Les médicaments obtenus à partir de petites molécules produites chimiquement (comme par exemple l’acide acétylsalicylique, l’ingrédient actif de l’aspirine) sont fabriqués suivant un procédé relativement simple. Lorsque le brevet qu’une compagnie pharmaceutique détient pour un médicament particulier, comme l’aspirine, arrive à échéance, d’autres compagnies pharmaceutiques sont autorisées à faire des copies de l’ingrédient actif du médicament d’origine. Les produits ainsi obtenus portent le nom de « génériques ».

Les biologiques par contre sont de grosses molécules obtenues à partir d’organismes vivants au terme d’un processus de fabrication complexe qui peut avoir un impact significatif sur le produit final obtenu. Il est impossible de fabriquer une copie exacte d’un médicament biologique d’origine puisque les structures des organismes vivants ne peuvent être les mêmes.


Dénomination des biosimilaires
Des groupes de patients et de professionnels de la santé ont réclamé que l’on attribue à chaque biosimilaire faisant son entrée sur le marché canadien un nom unique et distinct du nom commercial afin de minimiser la confusion entre le médicament prescrit et obtenu au comptoir du pharmacien ou à la clinique de perfusion, et celui pris par le patient. Une dénomination distincte a une grande importance lorsqu’il s’agit d’attribuer avec précision les effets indésirables au niveau de la population.
Santé Canada a fait le choix de suivre le protocole de dénomination commune internationale de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour les biologiques (y compris les biosimilaires). À la demande d’un certain nombre d’organismes de réglementation, l’OMS s’est attaquée à la question de dénomination commune des biosimilaires. 
À la fin de 2015, l’OMS et l’agence américaine Food and Drug Association (FDA) ont toutes deux publié une proposition de dénomination similaire – l’ajout à la dénomination commune existante d’un code d’identification unique consistant en quatre consommes choisies au hasard (p. ex. : infliximab wxyz). La proposition de l’OMS recommandait également que les agences de réglementation comme Santé Canada ajoutent deux caractères numériques à titre de « données de contrôle ». Santé Canada procède actuellement à l’examen du document d’orientation proposé par l’OMS.

http://www.who.int/medicines/services/inn/WHO_INN_BQ_proposal_2015.pdf (en anglais seulement)

http://www.fda.gov/downloads/drugs/guidancecomplianceregulatoryinformati...(en anglais seulement)

 

Un peu partout dans le monde, l’expérience des patients concernant les biosimilaires efficacement réglementés continue à croître et les recherches menées jusqu’ici indiquent que leur profil d’efficacité et d’innocuité, comparativement à celui de leur biologique d’origine (ou biologique de marque) présente une grande similarité. Les biosimilaires offrent plus de données précliniques pour informer les médecins et les patients prêts à choisir les médicaments qui feront partie du plan de traitement. Toutefois, les biosimilaires disposent de moins de données d’essais cliniques. Les données précliniques doivent être plus solides que celles du biologique d’origine afin que le biosimilaire en question puisse prouver aux organismes de réglementation qui examinent et approuvent les nouveaux médicaments qu’il présente une structure et une fonction très similaires à celles de son biologique d’origine.

Le comité ACE tient à savoir ce que vous pensez des biosimilaires

Quelle est votre opinion sur les biosimilaires ?

Biosimilars FAQs

  Qu’est-ce qu’un biologique ?

Certains des médicaments d’importance aujourd’hui sont des médicaments biologiques, communément appelés les « biologiques » et sont fabriqués à partir d’organismes vivants. Le matériel dont ils sont tirés peut provenir de plusieurs sources, autant humaine qu’animale, et de micro-organismes comme les bactéries ou les levures. Les médicaments biologiques sont fabriqués grâce à des processus biotechnologiques, dérivés de sources naturelles ou, dans certains cas, reproduits de façon synthétique.

Les biologiques figurent parmi les médicaments utilisés pour le traitement de maladies telles que la polyarthrite rhumatoïde, l’anémie, une faible numération des globules blancs, les maladies intestinales inflammatoires, des maladies de peau comme le psoriasis et divers types de cancers.

Les biologiques ont une structure plus complexe et contiennent de plus grosses molécules ou mélanges de molécules que les médicaments classiques (à petite molécule). Les médicaments classiques sont faits de substances chimiques pures et leurs structures peuvent être identifiées. La plupart des biologiques, toutefois, sont des mélanges complexes beaucoup plus difficiles à identifier ou à caractériser.

  Qu’est-ce qu’un biosimilaire ?

Le terme biosimilaire est utilisé par Santé Canada pour décrire un « médicament dont on a démontré le caractère très semblable à un médicament biologique déjà autorisé pour utilisation (connu sous le nom de « biologique de référence » ou « biologique d’origine ») pour le traitement de maladies spécifiques. Les médicaments biosimilaires sont approuvés en fonction d’une comparaison approfondie avec un médicament de référence et peuvent faire leur entrée sur le marché une fois que les brevets et les protections des données du médicament biologique de référence sont expirés. »

Les biosimilaires sont fabriqués à partir des mêmes constituants de base que le biologique d’origine. Cependant, parce qu’il provient d’organismes vivants, le biosimilaire n’est pas considéré comme identique à son biologique d’origine puisque certaines caractéristiques chimiques ne peuvent être copiées avec précision au cours du processus de fabrication. Quoiqu’il existe certaines préoccupations liées au fait que les biosimilaires peuvent présenter des profils uniques quant à leur efficacité, leur immunogénicité et leur innocuité distincts de leur biologique d’origine, l’approbation des biosimilaires au Canada repose sur la démonstration que ces mesures soient réciproquement égales, ce qui doit être démontré dans le cadre d’essais cliniques (d’équivalence) pour au moins une indication de traitement, par exemple, dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde.

Bien qu’ils soient relativement nouveaux au Canada, les biosimilaires ont été examinés et approuvés en Europe depuis une décennie et sont utilisés pour traiter l’arthrite depuis 2013.

  Qu’est-ce qu’un biologique d’origine (appelé également « biologique de référence » ou « biologique de marque ») ?

Un médicament biologique dont l’utilisation a été approuvée en raison d’un ensemble complet de données cliniques et non cliniques sur la qualité auquel un biosimilaire est comparé dans des études qui établissent sa similarité.

  Est-ce qu’un biosimilaire agit de la même façon que le biologique d’origine auquel il a été comparé ?

Un biosimilaire doit avoir le même mécanisme d’action que le biologique d’origine auquel il a été comparé. Son action devrait donc être similaire.

Santé Canada approuvera l’utilisation d’un biosimilaire uniquement lorsque le mécanisme d’action, la voie d’administration, la forme posologique et la force sont identiques au biologique d’origine. De plus, un biosimilaire ne peut être approuvé que pour les mêmes indications et conditions d’utilisation pour lesquelles le biologique d’origine a déjà été approuvé.

Une fois le biosimilaire approuvé par Santé Canada, les patients et les prestataires de soins qui l’utiliseront pourront compter sur les mêmes propriétés d’innocuité et d’efficacité que celles du biologique d’origine auquel il a été comparé.

  Qu’est-ce qu’un médicament générique ?

Un médicament générique est chimiquement identique à un médicament d’origine en matière de forme posologique, innocuité, force, voie d’administration, qualité, performance et utilisation prévue.

  Les biosimilaires sont-ils des versions génériques de leur biologique d’origine ?

Non, les biosimilaires ne sont pas des « biologiques génériques » et plusieurs caractéristiques associées au processus d’approbation et d’autorisation de mise en marché à l’intention des médicaments génériques ne s’appliquent pas dans le cas d’un biosimilaire. Copies de médicaments d’origine, les médicaments génériques en possèdent les mêmes propriétés quant à la forme posologique, l’innocuité, la force, la voie d’administration, la qualité, la performance et l’utilisation prévue. Cela signifie que le médicament d’origine et son générique sont bioéquivalents.  

Selon Santé Canada : « Étant donné la taille, la complexité et la variabilité naturelle des médicaments biologiques et puisque les médicaments biologiques sont créés à partir de cellules vivantes, plutôt qu’avec des produits chimiques, un médicament biosimilaire et son médicament biologique de référence peuvent être semblables, sans être identiques. » 


Contrairement aux génériques, les biosimilaires ne sont pas identiques à leurs biologiques d’origine. Chaque biologique est dérivé d’organismes vivants. Afin de s’assurer qu’aucune différence mineure d’un biosimilaire n’entraînera de différences de structure, plusieurs tests appelés « épreuves » ont été menés en laboratoire.
Lorsque ces tests prouvent la similarité du biosimilaire avec son biologique d’origine, il lui est alors comparé dans des essais cliniques comparatifs. Ce n’est qu’alors qu’il pourra être confirmé très similaire à son biologique d’origine.

 


Lorsque le brevet d’un biologique de référence expire, un biosimilaire peut faire son entrée sur le marché s’il respecte les exigences d’innocuité et d’efficacité de Santé Canada. Les fabricants de biosimilaires utilisent les mêmes constituants de base (ou séquence « d’acides aminés ») que ceux du biologique d’origine, mais un processus de fabrication différent pour obtenir le médicament final. Dans les enquêtes menées par ACE partout pays, la sécurité des patients lors de l’utilisation d’un biosimilaire ou de tout médicament commercialisé est d’une importance capitale pour les médecins et les patients. En fait, ils croient fermement que les biosimilaires devraient faire l’objet d’un suivi efficace sur le marché et que l’information ainsi recueillie devrait être soumise à un examen externe, comme c’est le cas pour leurs biologiques d’origine.

  Qu’est-ce que l’immunogénicité et pourquoi cet aspect est-il particulièrement préoccupant dans le cas des biologiques ?

L’immunogénicité est la capacité de provoquer une réaction immunitaire chez l’humain ou l’animal. Cette capacité permet de reconnaître les protéines étrangères et d’y réagir et, ainsi, elle assure généralement la protection contre les pathogènes. C’est un aspect particulièrement préoccupant dans le cas des médicaments biologiques parce que ce sont essentiellement des produits à base de protéines qui peuvent être considérés comme étrangers. Une réaction immunitaire à un médicament biologique peut aller de la production d’anticorps détectables, mais non cliniquement significatifs, à une réaction ayant un impact important sur la sécurité du patient. La réaction immunitaire d’un patient peut aussi affaiblir l’efficacité d’un traitement.

Il y a actuellement plusieurs études, sans compter le suivi de patients dans « la vraie vie », qui s’attachent à la surveillance de toute hausse d’immunogénicité lors de la transition d’un biologique d’origine à un biosimilaire. Cette étape contribuera à déterminer si la transition des patients peut être considérée comme une pratique sécuritaire avant de la recommander médicalement ou de l’intégrer à toute politique de remboursement des médicaments.

  Comment la question de l’immunogénicité sera-t-elle abordée dans le cas des biosimilaires ?

Santé Canada examinera l’immunogénicité dans le cadre des essais cliniques comparatifs nécessaires à l’approbation des biosimilaires. De plus, les fabricants sont responsables de la surveillance du potentiel d’immunogénicité du biosimilaire après son introduction sur le marché canadien.

  De quelle façon les biosimilaires sont-ils réglementés ?

Les biologiques d’origine et les biosimilaires sont soumis à leur propre procédure d’approbation. Santé Canada examine le processus de fabrication, les données sur la comparabilité du biosimilaire avec son biologique d’origine et les données cliniques et non cliniques fournies par le fabricant du biosimilaire afin d’établir la similarité avec le biologique d’origine.

Santé Canada peut approuver un biosimilaire pour le traitement d’une maladie sans données provenant d’essais cliniques à l’appui de cette utilisation. Une fois que la « biosimilarité » avec le biologique d’origine a été démontrée, il n’est plus nécessaire d’exiger de refaire les études déjà réalisées pour toutes les indications pour lesquelles le biologique d’origine a été approuvé. C’est ce qu’on appelle une « extrapolation d’indication ». L’approbation d’un biosimilaire par Santé Canada n’est pas en soi une déclaration de bioéquivalence avec le biologique de référence. Après leur approbation, les biosimilaires sont réglementés comme tout nouveau médicament biologique.

  Qu’est-ce que l’interchangeabilité ou substitution automatique ?

L’interchangeabilité est un processus décisionnel permettant au pharmacien de remplacer automatiquement un produit par un autre lorsqu’il est considéré comme interchangeable par un organisme de réglementation provincial ou territorial. Il s’agit d’une pratique courante de substituer à un médicament dont le brevet est expiré un produit générique équivalent, considéré comme interchangeable.

Actuellement et en ce qui a trait aux biosimilaires, Santé Canada a déclaré que les biosimilaires n’étaient pas considérés comme étant interchangeables avec leur biologique d’origine. Cependant, au Canada, ce sont les gouvernements provinciaux qui régissent la réglementation entourant la détermination de l’interchangeabilité entre un biosimilaire et son biologique d’origine. Ils régissent également les pratiques de substitution en pharmacie. Santé Canada a stipulé que « l’approbation d’un PBU (biosimilaire) n’est pas en soi une déclaration de bioéquivalence avec le biologique de référence. » En général, l’interchangeabilité renvoie à la capacité d’un patient de changer un médicament pour un médicament équivalent par l’intermédiaire d’un pharmacien, sans l’intervention du médecin qui a rédigé l’ordonnance. Au Canada, l’autorisation de déclarer deux produits interchangeables revient à chaque province et territoire en fonction de ses propres règles.  Santé Canada invite les provinces à agir avec une certaine prudence sur cette question de l’interchangeabilité, recommandant que les médecins prennent une décision éclairée lorsqu’il s’agit de la substitution thérapeutique.

  Qu’est-ce que la substitution thérapeutique ?

La substitution thérapeutique se produit généralement en pharmacie lorsque le médicament prescrit est remplacé par un autre médicament pour une question de coût, sans consultation avec le médecin prescripteur. La substitution thérapeutique se produit généralement en pharmacie, lorsque le médicament prescrit est remplacé par un autre médicament pour une question de coût.

Il appartient aux gouvernements provinciaux de déclarer que deux produits peuvent faire l’objet d’une substitution automatique par le pharmacien. Il appartient au gouvernement provincial de déclarer que deux produits peuvent faire l’objet d’une substitution automatique par le pharmacien. À l’heure actuelle, aucun gouvernement provincial au Canada n’a déclaré l’interchangeabilité d’un biologique d’origine et d’un biosimilaire. Par conséquent, il n’y a eu aucun cas de substitution en pharmacie dans le cours de la pratique pharmaceutique au Canada. 

  Que signifie « changement » ou « transition » ?

Selon Santé Canada : « De façon générale, le changement renvoie à un changement unique d’un médicament biologique de référence à un médicament biosimilaire. Santé Canada recommande que la décision de changer le traitement d’un patient en passant d’un médicament biologique de référence (produit innovateur) à un médicament biosimilaire soit prise par le médecin traitant, en consultation avec le patient et en tenant compte des politiques de l’administration concernée. Les patients qui ont des questions sur le transfert d’un médicament biologique à un autre devraient s’adresser à leur médecin. »

Le comité ACE utilise le terme « transition » plutôt que « passage » et offre la définition suivante dans le cas des biosimilaires :

Transition par politiques

La transition par politique (ou changement non médical) est un changement motivé par une raison non médicale. Les politiques exigent alors que les patients modifient leur choix de médicament pour un autre médicament, généralement moins dispendieux.

Transition médicale

Dans le cas d’un patient qui ne répond pas adéquatement au traitement avec un biologique d’origine ou le biosimilaire de son choix, une transition vers un autre biologique d’origine, un autre biosimilaire ou un médicament d’une autre classe et comportant une action moléculaire différente est alors envisagée par le patient et son rhumatologue. Lorsqu’elle est médicalement requise, la transition est essentielle dans l’atteinte des meilleurs résultats de santé possible et d’une gestion efficace de l’évolution de la maladie.

  Un biosimilaire peut-il être utilisé pour traiter avec efficacité les mêmes maladies et affections que son biologique d’origine ?

L’usage d’un biosimilaire peut être approuvé pour toutes les indications accordées au Canada à son biologique d’origine à la condition que toutes les données exigées à l’appui de ces indications soient fournies à Santé Canada. Un biosimilaire peut également être approuvé pour des indications différentes de celles accordées à son biologique d’origine si un dossier complet de données cliniques est fourni pour chacune de ces indications.

  Qu’est-ce que l’extrapolation ?

Une fois que la « biosimilarité » avec le biologique d’origine a été démontrée et approuvée par Santé Canada, il n’est plus nécessaire d’exiger de refaire les études pour toutes les indications pour lesquelles le biologique d’origine a été approuvé. C’est ce qu’on appelle une « extrapolation d’indication ».  L’approbation d’un biosimilaire n’est pas en soi une déclaration de bioéquivalence avec le biologique de référence. Après leur approbation, les biosimilaires sont réglementés comme tout nouveau médicament biologique.

Des questions ? Nous trouverons les réponses pour vous.

Comme les données de la recherche sur les biosimilaires continuent d’être publiées et les politiques à évoluer, le comité ACE continue d’offrir de l’information destinée à la collectivité arthritique et à celles d’autres maladies chroniques telles que le diabète, les maladies gastro-intestinales et le cancer. Afin de nous aider à remplir cet engagement, nous vous invitons à nous adresser vos questions. Nous vous fournirons des réponses et ajouterons ce contenu à notre site Web. C’est là tout l’intérêt de l’Échange Biosim.